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Revenu de base inconditionnel lié à la personne

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Date: 
28.11.2013
Type source: 
Media: 
Agoravox

Revenu de base inconditionnel lié à la personne

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Imaginons un village qui aurait cent habitants.

Soixante-dix d'entre eux travailleraient dans une usine, le reste de cette population étant quelques individus s'occupant de leur foyer, les personnes âgées et les enfants.

Le patron de l'usine décide d'acheter une machine qui va faire le travail de soixante ouvriers.

Il va donc licencier à terme soixante ouvriers et n'en garder que dix pour faire fonctionner et entretenir cette machine.

La question est de savoir s'il est légitime que les ouvriers licenciés perdent leur revenu au motif qu'ils ont perdu leur emploi.

Sachant que le patron, de son côté, va augmenter sa productivité car la machine va travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Si le revenu est lié à l'emploi, comme ç'a toujours été le cas, ce qui fait qu'il y a eu un chantage perpétuel à l'emploi, il va se produire que l'économie va être bouleversée.

Les ouvriers licenciés n'étant plus payés ne pourront plus acheter les produits qu'ils fabriquaient, le patron va donc devoir chercher ses clients ailleurs, il finira bien par les trouver, certes, mais ce faisant, il aura mis sur le carreau soixante personnes.

Si maintenant le revenu est lié à la personne, et non plus à l'emploi, et ce, par l'intermédiaire de l'État qui ponctionne une partie des gains de ce patron pour les redistribuer à ceux qui ont perdu leur emploi, les ouvriers licenciés vont continuer à percevoir leur revenu, peut-être légèrement amoindri puisqu'ils ne travaillent plus dans cette usine, mais du moins, pourront-ils néanmoins continuer à vivre décemment.

 

Dans ce cas de figure, l'économie se maintient correctement car les ouvriers privés de leur emploi peuvent continuer à acheter les produits qu'il fabriquaient naguère.

Et personne n'est vraiment lésé car le patron a malgré tout fait une bonne affaire mais sans rafler la mise au motif qu'il s'est automatisé.

Certains vont estimer qu'on ne devrait pas être payé à ne rien faire.

Toute l’erreur est là car il est impossible de ne rien faire vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le simple fait d'être en vie crée forcément de la richesse.

Les ouvriers licenciés ne sont pas au chômage, ils deviennent des “libérés du travail”, ce qui va avoir pour effet qu'au lieu de créer une richesse imposée par un patron, comme c'était le cas quand ils travaillaient à l'usine, ils vont choisir eux-mêmes la richesse qu'ils créeront.

Certains feront de la musique, d'autre feront du théâtre, d'autres donneront des cours pour aider les jeunes, bref toutes sortes d'activité utiles à la cité vont émerger par cette liberté des ouvriers licenciés, car le revenu de base inconditionnel lié à la personne justifie soudain tous les bénévolats.

Que certains vont en profiter pour ne rien faire n'a aucune importance, ce ne sera pas le cas de tous et probablement pas le cas de la majorité.

Voilà pourquoi dans un monde automatisé il faut absolument mettre en place un revenu de base inconditionnel lié à la personne. 

Ceux qui auront la chance d'avoir un emploi toucheront en plus de ce revenu de base inconditionnel lié à la personne leur salaire, ils seront certes plus riches que les libérés du travail mais ces derniers pourront néanmoins survivre dignement.

Tout le monde sera gagnant dans un tel processus.

Personal info
Contributor: 
Mathieu Despont
Organisation, Media, etc: 
Agoravox