Vous êtes ici

Reset la France

Français
Date: 
25.11.2013
Type source: 
Media: 
Le Cercle - Les Echos

25/11/2013 | Les Maquizards | Vie politique | Lu 463 fois | 1 commentaire

Reset la France

LE CERCLE. La France a les meilleurs composants au monde. Une tradition et un patrimoine uniques au monde, des intelligences remarquables et incomparablement instruites, une culture toujours rayonnante, un paysage naturel sublime et des entreprises dominantes dans de nombreux secteurs.

Nous ne sommes pas en reste dans les nouvelles technologies, eldorado moderne, même si nos startups franchissent encore rarement le rubicond du succès international.

La qualité des ingrédients ne fait cependant pas la recette : force est de constater que notre pays, pourtant béni des Dieux, bug. Il semble même que sous certaines conditions, en passe d’être malheureusement réunies, il pourrait définitivement crasher et emporter avec lui toute la mémoire vive de la Nation. Le virus rouge-brun se propage déjà partout, même dans les esprits d’amis qu’on croyait protégés de la démagogie.

La multiplication des mécontentements et l’impopularité endémique des Présidents ne sont que les stigmates d’un dysfonctionnement profond. Voilà cinquante années, au bas mot depuis la fin de la guerre, que nous vivons bercés dans l’illusion d’un ilot protégé par son État. Les hommes politiques se sont entendus par delà les générations pour abuser des mêmes mensonges, par ignorance, veulerie et plus souvent, par goût du pouvoir personnel.

Il n’est plus possible d’imaginer que le système d’exploitation national, héritier de la Vème République pour sa gouvernance et du Conseil national de la Résistance pour l’État social, survive plus longtemps au monde radicalement transformé qui est le nôtre.

En plus d’un demi-siècle, tout a changé. L’espace et le temps, les rapports de force entre Nations, le capitalisme, la place de l’individu, le rôle de l’État… Il est grand temps, pour nous autres Français, patriotes, d’appuyer résolument sur le bouton Reset afin de configurer, sur de nouvelles bases, notre fonctionnement.

Reset, ce n’est pas la table rase. C’est le redémarrage, sur des bases nouvelles. Nous en voyons deux, évidentes et immédiates : la gouvernance et le pacte social.

Pour refondre la gouvernance, il faut à la France une nouvelle Constitution, plus simple, plus moderne. Simplifier le pouvoir, accroître son dialogue avec l’électeur, surtout après l’élection notamment grâce aux nouvelles technologies. Mais aussi favoriser le renouvellement régulier de la classe politique et réduire le périmètre de l’État. Instituer aussi des limites constitutionnelles à la dépense publiques et aux prérogatives du pouvoir, à tous les échelons. Enfin, ramener à la raison les baronnies locales, ces Régions, Conseil Généraux, Communautés de communes, qui sont devenues la première cause de l’hémorragie financière. 

Pour réinventer la solidarité, nous avons besoin d’un nouveau pacte social. Pour renoncer à la déresponsabilisation générée vis-à-vis à des aides publiques, elles seront supprimées ou assorties de conditions drastiques. Peut-être est-ce le moment d’instaurer un revenu universel qui suppléerait à toutes aides, clarifiant enfin les conditions de la solidarité, identiques pour tous et à tout âge ? Un pacte pour renforcer les syndicats vraiment représentatifs des salariés et réellement à leur service, contre ceux qui n’ont fait qu’hériter du titre depuis des décennies. Ainsi, le dialogue social pourra reprendre sur des bases saines, à tous les étages de la société : servir l’intérêt des salariés et des entreprises.

Concrètement, ce Reset sera un référendum, avec une question simple "Êtes-vous favorables à la dissolution de l’Assemblée nationale et à l’élection d’une Assemblée constituante, élue au suffrage universel direct, dont la mission sera de rédiger une nouvelle Constitution et un nouveau pacte social ?".

Il est plus honorables et surtout, moins douloureux, d’appuyer nous-mêmes sur ce bouton plutôt que d’attendre qu’un haut fonctionnaire du FMI s’en charge à notre place, humiliant la Nation. Comme tout patriote, j’ai éprouvé de la compassion pour le peuple grec, infantilisé et malmené. Ils n’auront pourtant connu que ce qu’il méritait. Nous pouvons encore faire l’effort de nous changer nous-mêmes.

Personal info
Contributor: 
Philippe Latty
Organisation, Media, etc: 
Le Cercle - Les Echos