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Stagiaire, un métier plein d'avenir

Français
Date: 
07.11.2013
Type source: 
Media: 
Tribune de Genève

Juliana* est en stage dans une organisation non gouvernementale. Quatre autres jeunes diplômés non salariés assurent, avec elle, la représentation de l’institution lors du Conseil des droits de l’homme au Palais des Nations. Le fondateur, et seul employé de l’ONG, ne se donne souvent même pas la peine de se rendre en commission. «Notre cahier des charges n’est pas clair. On a l’impression d’être lâché dans la nature simplement parce que ça assure un certain statut d’avoir des stagiaires», dénonce Juliana. Comme elle, des milliers d’autres jeunes diplômés occupent des postes précaires en attente de se voir offrir un premier emploi. Ils constituent un réservoir de main-d’œuvre bon marché, voire gratuit. Le secteur international et les médias sont particulièrement touchés par le phénomène. Le négoce ou le social suivent la marche. Même dans le bâtiment, on a constaté le cas d’un stage de conducteur grue! En Suisse, depuis 2007, le nombre de postes de stages a augmenté de 40%, selon une étude d’Adecco. En France et en Allemagne, 1,5 million de jeunes entament chaque année un stage, selon le Parlement européen. Dans l’Hexagone, leur nombre a doublé depuis 2006.

Le stage, miroir des inégalités sociétales

En fait, le cumul de ces petites expériences serait même de plus en plus mal vu par les employeurs. Il constitue néanmoins, pour les jeunes, une alternative courante à l’inscription au chômage. Surtout lorsque le marché de l’emploi est en berne. Le lien entre le nombre de stage effectué et la difficulté à trouver un emploi est très marqué, selon une étude de l’Office fédéral de la statistique de 2005. 61,4% des personnes ayant effectué un stage disent avoir eu du mal à trouver un emploi. Le taux monte à 78,6% pour les personnes en ayant effectué plus de deux. Selon la même étude, cinq ans après leurs études, les anciens stagiaires sont même proportionnellement moins nombreux à occuper un poste fixe que ceux qui sont directement entrés dans la vie active (56,4% contre 89,5%). Pas si infaillible l’outil d’insertion professionnelle…

*Nom connu de la rédaction

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Personal info
Contributor: 
Béa Duparc
Organisation, Media, etc: 
Tribune de Genève