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Le revenu de base peine à convaincre

Français
Date: 
17.12.2015
Media: 
le courrier

Jeudi 17 décembre 2015

Laura Drompt, Avec L'ATS


Photo prétexte.

Wikimedia

BERNE • Après le National, ce sont les sénateurs qui, sans surprise, ont rejeté l’initiative.

Trop cher et trop compliqué, selon le Conseil des Etats: le revenu de base inconditionnel n’a pas eu plus de chance devant les sénateurs que devant le National. La Chambre des cantons a décidé tacitement de recommander le rejet de l’initiative populaire qui voudrait allouer un montant d’environ 2500 francs par adulte – 625 fr. par enfant – et par mois. La socialiste bâloise Anita Fetz a bien tenté de plaider la cause, laquelle était perdue d’avance: le Conseil national avait déjà rejeté l’initiative par 146 voix contre 14 et 12 abstentions.

Contexte changé par la révolution numérique
Selon les initiants, l’Etat social ne parvient plus à remplir sa tâche. Une allocation universelle constituerait une nouvelle solution. Avouant qu’elle-même avait eu «les cheveux dressés sur la tête» dans un premier temps à l’idée d’un revenu inconditionnel, Anita Fetz a expliqué en être revenue, comparant l’idée à celle de l’AVS, qui avait mis beaucoup de temps à être acceptée. La socialiste a replacé cette initiative dans le contexte de la révolution numérique en cours, qui devrait, à terme, profondément transformer le rapport des Suisses au travail.

Son camarade de parti Paul Rechsteiner, conseiller aux Etats saint-gallois et président de l’Union syndicale suisse (USS), a quant à lui remarqué que l’initiative n’aurait «que des désavantages». «Il faut continuer à combattre la pauvreté, mais avec une politique d’emplois et de salaires décents ,et sans remettre en cause l’Etat social.»

Préserver le système
«Le texte ne ferait que compliquer un système social dont l'équilibre repose sur une mécanique très fine. Les assurances actuelles couvrent déjà de manière ciblée les risques tels que l’accident, le chômage ou l’invalidité, il n’y a pas lieu de changer un système qui fonctionne», a ajouté Konrad Graber (pdc/LU).

Au final, le Conseil des Etats a suivi le ministre des Assurances sociales Alain Berset, pour qui cette idée causerait une «remise en cause complète de notre organisation avec des conséquences qu’il est aujourd’hui extrêmement difficile de prévoir».

Une conséquence fâcheuse même si, a admis le conseiller fédéral socialiste, «il est possible que la logique d’assurance l’ait un peu trop emporté sur la logique d’existence» dans notre système. Ce sera donc à la population suisse de trancher en votation populaire.

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Mathieu Despont
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