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«Financer le RBI, c’est très simple»: un carton sur les réseaux

Français
Date: 
17.05.2016
Type source: 
Media: 
Le Temps

Les partisans du revenu de base, objet du scrutin du 5 juin, sont passés maîtres dans l’usage du Net, où se déroule une bonne part de leur campagne

Le revenu de base inconditionnel (RBI), sur lequel les Suisses votent le 5 juin, c’est cool, simple, festif, ça ne coûte pas cher, c’est le monde de demain. Alors pourquoi s’en priver? Tapez #RBIoui ou #revenudebase sur Twitter, suivez @revenudebaseCH et vous serez plongé dans une douce euphorie. Le labeur, la crainte de perdre son emploi, c’était hier. Demain, grâce au RBI, nous serons délivrés de la peur du chômage, du déclassement, de la concurrence, de l’épuisement, du burn-out, promettent les partisans du RBI.

Les sondages, sans surprise, annoncent que les Suisses ne croient pas à de tels lendemains. Le 6 juin, la page du RBI risque donc d’être tournée, et pour longtemps. Il reste que, depuis le début de la campagne en vue de la votation, les militants du revenu de base colonisent avec bonheur les réseaux sociaux.

A distance des partis politiques et de leurs relais habituels, ils ont donné à leur combat une tonalité conviviale et sans agressivité. Ils ont l’utopie joyeuse, à défaut d’être toujours concrète. Ils pourraient être les acteurs du film «Demain», qui a fait un tabac dans les salles ces derniers mois. Eux font un tabac sur les réseaux. «Le Temps» en sait quelque chose: les articles qu’il a consacrés au sujet battent des records d’audience.

«Keep calm and vote oui au RBI», résume Raiko(@PsychoTrip_). Les partisans du RBI trouvent réponse à tout, même aux questions les plus improbables.

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Raiko ‎@PsychoTrip_

   

16:32 - 7 Mai 2016

 

 

«Financer le RBI, c’est très simple», affirme ainsi l’une des vidéos les plus citées dans les fils Twitter. Le ton posé et objectif, le verbe précis, Ralph Kundig, l’une des chevilles ouvrières de l’initiative soumise au scrutin le 5 juin, y interroge Marc Chesney, le directeur de l’Institut banque et finance de l’Université de Zurich.

 

Expert reconnu, partisan d’une taxe sur les paiements électroniques, l’économiste croit qu’il est parfaitement possible de financer le revenu de base en prélevant une part minime chaque fois que le quidam sort sa carte de crédit. Il pense surtout que l’initiative répond à un défi inéluctable, la fin du plein emploi. L’économie numérisée et robotisée de l’ère «4.0» va tuer nombre de métiers sans en créer de nouveaux.

En face, le camp du non au RBI, s’il ne néglige pas les réseaux, s’y montre moins présent et organisé. Sur le compte Twitter @RBI_NON, les adversaires n’ont toutefois pas manqué d’épingler le socialiste Oswald Sigg. L’ancien porte-parole du Conseil fédéral, qui est l’un des membres du comité d’initiative, a semé l’incompréhension dans son propre camp en déclarant au Tages-Anzeiger, fin avril, que la Suisse ne pourrait de toute façon pas instaurer un RBI si elle était le seul pays à le faire, car les conséquences sur la migration seraient ingérables. 

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Revenu de Base NON ‎@RBI_NON

Un des membres du comité d'initiative pour un  en Suisse, n'y croit plus !  ou  ?

10:35 - 12 Mai 2016

 

 

«Le RBI permet de garantir aux femmes au foyer d’y rester, avec un salaire de misère. Quel progrès!, tonne Philippe Nantermod (@nantermod). Le conseiller national PLR valaisan a fait sourire les réseaux sociaux avec cette phrase: «Dire que le RBI c’est libéral, c’est affirmer qu’il faut conduire la table en tombant de la voiture dont a refusé de choisir le chauffeur.»

Le jeune élu voulait faire allusion à la formule sibylline de Nicolas Sarkozy s’adressant en ces termes, en octobre 2015, aux électeurs de droite tentés par un vote en faveur du Front National: «Je voudrais leur dire qu’on a reçu le coup de pied au derrière mais que c’est pas parce que vous voulez renverser la table que vous descendez de la voiture dont vous vous abstenez de choisir le chauffeur.»

De ce côté-ci du Jura, les internautes ont eu de la peine à suivre – les Français avaient aussi eu des difficultés à comprendre ce que voulait dire l’ancien président. «J’ai enfin compris… t’es le fils caché de Sarkozy!! Cette phrase c’est du Nanterzy», a fini par lui répondre Mathieu Despont, l’un des acteurs de la campagne du oui au RBI(@martouf_vert).

 

Philippe Nantermod ‎@nantermod

Dire que le RBI c'est libéral, c'est affirmer qu'il faut conduire la table en tombant de la voiture dont a refusé de choisir le chauffeur.

15:12 - 8 Avr 2016

     

 

 

 

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Contributor: 
Mathieu Despont
Organisation, Media, etc: 
Le Temps