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Vers une Suisse parfaite ou vers le chaos?

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Date: 
18.05.2016
Type source: 
Media: 
20 minutes

Les partisans du revenu de base inconditionnel (RBI) rêvent d’une société innovante et épanouie. Les opposants craignent des pertes d’emplois.

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Le «RBI» a pour but de permettre de couvrir les besoins fondamentaux des citoyens (nourriture, logement, assurance maladie, habillement, usage des transports en commun,participation à la vie sociale, etc.), tout en les incitant à travailler. (photo: Reto Oeschger)

Et si chaque adulte recevait 2500 francs par mois sans faire 
quoi que ce soit? Et si, pour chaque enfant, une famille recevait 625 francs? Le comité d’initiative pour le revenu de base inconditionnel se fonde sur ces projections pour défendre son projet, sur lequel le peuple votera le 5 juin prochain.

Ce que les partisans interprètent comme une chance de 
s’adapter aux changements dans le monde du travail, d’avoir du temps pour innover, créer ou pour la famille, les adversaires le voient comme le début de la fin. Le démantèlement du système social actuel, qui n’aurait plus lieu d’être, est vu par les uns comme la fin des injustices et de la bureaucratie lourde et par les autres comme une perte d’acquis obtenus de haute lutte et qui ont
fait leurs preuves. A travers quatre exemples, voici les arguments en faveur et en défaveur de ce projet, qui est rejeté par tous les grands partis sauf les Verts.

Pour les étudiants 

Le scénario idéal de Daniel Straub, membre du comité d’initiative: ils pourront se concentrer sur leurs études. Ils auront aussi la possibilité d’entreprendre une autre formation, plus tard, avec un revenu minimum assuré. Ils seront plus épanouis, car ils pourront se concentrer sur leur bien-être. 
Le scénario du pire pour Rudolf Minsch, chef économiste chez Economiesuisse: on étudiera plus longtemps. Beaucoup de jeunes gens ne chercheront plus activement à entrer dans le monde du travail. Plus ils attendront et plus le saut dans la vie active sera difficile.

Pour les familles

Le scénario idéal: le revenu de base permettra aux pères et aux mères de passer plus de temps avec leurs enfants. Les parents recevront ainsi inconditionnellement environ 6000 fr. par mois. Les familles amélioreront leur situation en comparaison avec les ménages individuels. 
Le scénario du pire: le travail à temps partiel ne sera plus rentable. Toutes déductions faites, elles ne gagneront pas plus qu’aujourd’hui, quand un des parents reste à la maison ou travaille à mi-temps. Et les familles devront supporter des impôts élevés pour financer le revenu de base inconditionnel.

Pour les bas salaires

- Le scénario idéal: les métiers peu attractifs seront revalorisés. Ils seront plus reconnus et mieux payés. Le revenu de base rendra en outre plus facile de devenir indépendant ou de créer sa petite entreprise. Ce qui ouvrira des portes aux revenus modestes. 
Le scénario du pire: rendre les emplois «mal payés» plus attractifs aura un coût pour les entreprises. Cela pèsera entre autres sur l’industrie d’exportation et conduira à des délocalisations. Par ailleurs, le travail au noir deviendra florissant, avec l’abandon des cotisations sociales. Le contrôle par l’Etat sera moins efficace.

Pour les handicapés

Le scénario idéal: les personnes qui ne subsistent pas grâce à un travail rémunéré font souvent face à des préjugés. Le revenu de base inconditionnel mettra tout le monde sur pied d’égalité. Et si les 2500 fr. ne suffisent pas, elles pourront obtenir des aides supplémentaires. 
Le scénario du pire: remplacer les prestations sociales actuelles par le RBI est un affront. On ne peut pas survivre pendant un mois avec 2500fr. Et si des aides supplémentaires sont proposées, il faudra compter avec des frais supplémentaires, et la réduction de la bureaucratie promise n’aura pas lieu.

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Contributor: 
Mathieu Despont
Organisation, Media, etc: 
20 minutes