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101 idées: Luc Recordon

Français
Date: 
03.10.2014
Type source: 
Media: 
Hebdo
Themes: 

101 idées: Luc Recordon

Mis en ligne le 03.10.2014 à 17:50

Luc Recordon, conseiller aux Etats (Verts/VD)

Luc Recordon, conseiller aux Etats (Verts/VD)

© Keystone

 

La Rédaction

Pour ses dix ans, le Forum des 100 s'est projeté vers l'avenir et a présenté les "101 idées qui feront la Suisse de demain". Où va la Suisse après le vote du 9 février, quels projets faut-il lancer, les nouvelles générations sont-elles prêtes à reprendre le flambeau? "L'Hebdo a interpellé les membres du réseau qui s'est constitué au fil de la manifestation créée en 2005.

Luc Recordon, conseiller aux Etats (Verts/VD) et alumni du Forum depuis 2007, a accepté de prendre part à cette opération de brainstorming collectif romand. Retrouvez ici l'intégralité de sa contribution.

Question 1: quels sont les défis principaux, selon vous, auxquels la Suisse sera confrontée ces dix prochaines années? Prévoyez-vous un affaiblissement de l’économie helvétique? Une détérioration du système de formation? L’isolement du pays? Une sérieuse remise en cause de la cohésion nationale et de notre modèle de démocratie?

L’économie devra se confronter à une mutation assez rapide du modèle de la facilité (surtout celle assurée jusqu’ici par l’accueil de personnes et de sociétés étrangères fortunées ou bien formées ou de leurs seuls dépôts financiers) au modèle de l’excellence. Celui-ci est, dans l’ensemble, déjà bien implanté, surtout dans le secteur de la formation à tous les niveaux, qui restera solide mais nécessite une ambition encore accrue, ainsi pour mieux apprendre les langues, à un âge beaucoup plus précoce qu’aujourd’hui et pour former bien davantage de médecins, d’ingénieurs, de biologistes et de cadres non universitaires dans les branches correspondante. Le but sera en particulier la mutation vers une économie écologique au sens large, soit de haute qualité environnementale, sociale et éthique.

En outre la défense des droits humains demandera un grand engagement, face aux attaques en augmentation tendant au racisme et à l’exclusion, basées sur la peur, sur l’incompréhension et – partiellement – sur l’égoïsme – en Suisse et au-delà.

Question 2: quelles sont les initiatives et les idées, tous domaines confondus, qu’il faut mettre en œuvre pour y répondre? Y a-t-il un projet qui vous tient particulièrement à cœur?

Un appétit moins frénétique de l’avoir et du paraître, une orientation vers le faire sont à privilégier. Il faut tout d’abord viser une économie de services utiles, de plus en plus dématérialisée, et revisiter les objectifs économiques fondés sur le concept ambigu, voire trompeur de PIB (produit intérieur brut); sous ces angles, les initiatives populaire «économie verte» et «pour un revenu de base inconditionnel» offrent l’occasion de réfléchir, à des degrés divers à un changement de paradigme. En outre, toutes les actions propres à renforcer le lien social et le respect mutuel, en atténuant les craintes irraisonnées et en renonçant aux solutions illusoires, méritent d’être encouragées; pour ne prendre qu’un exemple, celle lancée par la Suisse sur le plan international pour l’abolition de la peine de mort est particulièrement bienvenue. Elle illustre bien ce qu’Edgar Morin désigne très opportunément par l’expression de politique de civilisation.

Question 3: les générations montantes sont-elles, selon vous, bien préparées pour faire face à ce qui les attend?

Plutôt bien, mais pour elles … et pour les autres un effort immense et constant d’explication reste indispensable. Non seulement pour saisir la complexité du monde futur, mais aussi pour ne pas laisser se déliter les leçons de l’histoire.

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Contributor: 
Mathieu Despont
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Hebdo