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Renoncer au superflu et à une partie de l’essentiel

Français
Date: 
14.09.2014
Type source: 
Media: 
site le Courrier
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interview de membres de l'Alcip (association de lutte contre les injustices et précarités) dont je fais partie, sur le site du courrier au sujet de la baisse des prestations sociales par l'hospice général (150 CHF) et mon rappel du RBI (et BIEN-ch en fin d'interview)
http://www.lecourrier.ch/123799/renoncer_au_superflu_et_a_une_partie_de_l_essentiel#comment-358

Renoncer au superflu et à une partie de l’essentiel
SAMEDI 13 SEPTEMBRE 2014
Mohamed MusadakPostez un commentaire
> 1 commentaires
AIDE SOCIALE • Entrée en vigueur il y a une dizaine de jours, la baisse de l’aide sociale empêche des bénéficiaires de s’offrir des biens de base. Témoignages.

Depuis le 1er septembre, les bénéficiaires de l’aide sociale ont vu leur rente amputée de 150 francs, soit environ 15% de leur revenu. La mesure est censée économiser 9 millions de francs à l’Etat. Derrière les chiffres se trouvent des femmes et des hommes qui doivent vivre avec le strict minimum. Pour en parler, trois membres de l’Association de lutte contre les injustices et la précarité (ALCIP), tous bénéficiaires de l’aide sociale, ont accepté de rencontrer Le Courrier. Déchirés entre l’envie de dénoncer et la pudeur de dévoiler une intimité douloureuse, un seul d’entre eux a accepté de témoigner à visage découvert.

Accidents de la vie
«La descente va très vite», soupire Patrick, 48 ans, en roulant machinalement sa cigarette. L’Hospice général, cet ancien électricien n’y avait jamais pensé avant qu’un accident ne lui fasse perdre un œil. «J’ai refusé l’AI, mais ma reconversion professionnelle en mécanicien de précision à l’Ifage (fondation pour la formation des adultes) n’est pas reconnue dans les métiers de l’horlogerie. Pour un apprenti de presque 50 ans, trouver du boulot est déjà difficile, mais si en plus on a des dettes, c’est impossible», résume-t-il, de la révolte dans la voix. Maïsa, 44 ans et mère de trois enfants, n’arrive pas non plus à retrouver un emploi. «J’ai été licenciée de l’EMS où je travaillais à 60% après un burnout. A côté, j’étudiais pour mon CFC, que j’ai obtenu dieu merci. Mais lorsque j’ai demandé à mon assistante sociale de diminuer mon temps de travail, elle m’a mis la pression pour m’en empêcher parce que l’Hospice général complétait mes revenus. Au final, personne n’y a gagné», regrette-t-elle. Pour Bernard, qui se présente volontiers comme le militant du groupe, c’est une faillite qui l’a conduit à frapper à la porte de l’Hospice général. «J’étais un bon naturopathe, mais un piètre chef d’entreprise», s’amuse-t-il. Pas question pour ce Franco-suisse de 55 ans de céder à la culpabilité; sa rente, il sait qu’il y a droit.

Renoncer à des biens de base
Présentations effectuées, la discussion dévie rapidement sur l’angoisse du moment. Le versement de l’Hospice, pas encore arrivé pour certains, est sur toutes les lèvres. Concrètement, comment faire avec 150 francs de moins? «J’arrêterais bien la viande mais je suis déjà végétarien», plaisante Bernard, décidément d’humeur taquine. Plus sérieuse, Maïsa se demande vraiment où elle pourrait encore couper. Son mari étant aussi à l’aide sociale, c’est une perte de 300 francs qu’il faudra compenser. «J’ai des ados à la maison, ils veulent faire comme leurs copains et ne comprennent pas toujours quand je leur dis non. Parfois, je mets une facture ‘en attente’ pour pouvoir leur faire plaisir.» Mais cette stratégie a ses limites: pour faire tourner son ménage, Maïsa avait déjà dû sacrifier l’abonnement des Transports publics genevois pour elle et son mari. Avec la nouvelle baisse, elle va y renoncer pour ses enfants également, en espérant qu’ils ne «se fassent pas attraper». «J’arrête aussi temporairement mon abonnement internet, le temps de voir le bout du tunnel.» Les fameuses «factures en attente» sans doute...
Patrick aussi se résignera à ne plus être connecté mais c’est son loyer qui lui fait le plus souci. «Avec le prix des loyers genevois, on est vite au-dessus des montants prévus par l’aide sociale pour les payer (ndlr, il n’ont pas été indexés depuis 2001). Chaque mois, je dois utiliser 200 francs de l’entretien de base pour mon loyer. Je ne sais pas comment je vais faire maintenant.»
«Jusqu’à présent, j’avais un petit budget pour la vie culturelle, environ 60 francs par mois. Bien entendu, je vais faire une croix dessus, ce qui impactera beaucoup ma vie sociale. J’irais faire mes courses en France aussi, alors que j’ai toujours mis un point d’honneur à soutenir les commerces locaux. Je suis très économe, en dehors de ça, je ne vois vraiment pas où je pourrais trancher», explique pour sa part Bernard qui a perdu un peu de sa bonne humeur.

S’en sortir à tout prix
Animés d’une féroce envie de «faire entendre ceux qu’on n’écoute jamais», les trois témoins enchainent les anecdotes jusqu’à saturation. Avant de partir, je leur demande encore ce qu’ils attendent de l’avenir. Patrick explique qu’il en a «marre de perdre son énergie à survivre, à trouver le bon petit plan pour économiser quatre sous. Je veux garder mes forces pour m’en sortir, trouver du travail». Maïsa abonde dans son sens. Elle garde espoir et a un poste d’assistante gouvernante en vue. Elle croise les doigts. Quant à Bernard, sans surprise, il met tous ses espoirs dans le militantisme. Trésorier bénévole du B.I.E.N (Basic income earth network), son projet politique du moment est l’initiative pour un revenu de base inconditionnel. Il y croit dur comme fer. I

...et mon commentaire sur le site du courrier....

quand la queue chatoyante du renard cache la gueule dangereuse

Par lucidite, le dim, 14/09/2014 - 11:38. .

Oui EVIDEMENT l'économie genevoise et le commerce local sera le grand perdant de la réduction des prestations de l'HG (la "gueule du renard" ) suite à la baisse des prestations de l'HG (la "queue du renard" = l'économie apparente ) ! Si les usagers de l'HG pour retrouver les 150 CHF supprimés vont faire les achats (habits et nourriture) en France ça fera 400 CHF X 10'000 = 40mio/mensuellement de moins pour l'économie locale. Ou 9mio en moins pour l'économie GE si (en place d'aller acheter en France) simplement en jeûnant 5 jours/mois (100 CHF)et supprimant la viande (150 CHF) en renonçant à la culture, divertissement et art genevois 4X mois = 60chf. Les usagers de l'HG seront bien obligés de s'adapter, (malheureusement en renonçant à soutenir l'économie genevoise) c'est arithmétique. Certainement un des paramètre oubliés dans le calcul de Longchamp (vision à court terme -la queue chatoyante en apparence- et "négligence" des effets collatéraux-la gueule prête à mordre ) bon il y a bien une solution pour le commerce local pour palier à cette perte par "l'augmentation des prix" mais dans ce cas se seront les genevois qui seront pénalisés ! Je recommande donc (comme Bernard cité dans l'article) si les autorités ne reviennent pas sur cette décision imbécile (pas les politiciens .... la décision... quoique!) de voter RBI-oui à la prochaine votation 2015-16 sur le revenu de base inconditionnel qui représentera une pacification de l'interdépendance sociale en toute indépendance individuelle surtout si grevé sur l'activité économique (VAN, TVA, taxes diverses) et pas sur les cotisations sur le travail (c'est possible de nombreuses manières -avec qq. neurones même écono"comico"-suisse peut le comprendre et l'accepter- comme certains économistes libéraux ou de droite -et non des moindres- le préconisent aussi !) Brinde Lucidité

 

 

 

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Bernard Genoud
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