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Neuchâtel lance la bataille des salaires

Français
Date: 
12.11.2013
Media: 
24 heures

Avec un seuil à 20 francs de l’heure, Neuchâtel lance la bataille des salaires

Le Canton envisage d’introduire  un salaire minimum. Une première suisse qui suscite déjà de fortes divergences

Un salaire mensuel brut de 3640 francs, douze fois par an, pour 42 heures de travail par semaine. Soit 20 francs de l’heure. Tel est le montant du salaire minimum que le gouvernement neuchâtelois souhaite introduire dès 2015, en première suisse, dans tout le canton. Il a annoncé hier son intention de concrétiser la volonté populaire exprimée fin 2011: 54,64% des votants avaient alors accepté d’ancrer le principe d’une rémunération minimale dans la Constitution cantonale. 

«C’est clairement insuffisant pour vivre dignement», réagit Catherine Laubscher, secrétaire régionale d’Unia Neuchâtel. Le syndicat se battra aux côtés de la gauche pour atteindre l’objectif de 4000 francs par mois – soit 22 francs de l’heure – contenu dans l’initiative populaire fédérale de l’Union syndicale suisse (USS), qui sera probablement soumise au vote l’an prochain. «Nous formulerons des propositions concrètes au Grand Conseil», indique Silvia Locatelli, présidente du Parti socialiste neuchâtelois. Il s’agirait notamment de prévoir «un mécanisme de progression» de ce salaire minimum. 

L’affrontement au parlement est programmé. Car à droite, on est loin de partager les ambitions socialistes. Président des libéraux-radicaux, Damien Humbert-Droz affirme que ses troupes n’entreront même pas en discussion pour un plancher à 4000 francs. «Ce serait inapplicable!» En revanche, le compromis du Conseil d’Etat lui semble raisonnable. Même s’il précise: «Il faudra examiner la question des personnes sans aucune formation, dont l’embauche risque d’être plus difficile. »

2700 bénéficiaires L’introduction d’un salaire minimum de 20 francs de l’heure aura un impact direct sur 3% des emplois et sur 4% des travailleurs du canton, selon le gouvernement. Deux tiers d’entre eux occupent un emploi à temps partiel et deux tiers sont des femmes. Au final, le revenu de quelque 2700 personnes s’en trouverait amélioré, pour un coût annuel de 9 millions de francs pour l’économie neuchâteloise. Les montants alloués à l’aide sociale vont diminuer, tandis que les recettes fiscales augmenteront, anticipe le conseiller d’Etat Jean-Nat Karakash (PS). 

«Dans une optique d’incitation au travail, c’est un projet pragmatique», relève Florian Németi, directeur de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI). Il précise toutefois que les conventions collectives de travail, à Neuchâtel, fixent dans leur très grande majorité des minima supérieurs au seuil de 3640 francs envisagé. «Ce sont surtout les domaines de la vente, de l’hôtellerie et du nettoyage qui seront concernés. » Président de la Fédération neuchâteloise du commerce indépendant de détail, Jean-Carlo Zuretti qualifie prudemment de «correcte» la proposition du gouvernement. «Mais certains petits commerces auront sans doute de la peine à s’aligner. »

La gauche ne baissera pas la garde pour autant. Les 2700 bénéficiaires potentiels représentent, selon elle, moins de la moitié des salariés neuchâtelois percevant une rémunération inférieure aux 22 francs de l’heure exigés par l’USS. Soit 6120 personnes. Voilà qui préfigure une rude bataille sur le front des salaires, tant à Neuchâtel que sur la scène nationale. 

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Mathieu Despont
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Commentaires

Il faut profiter de ce genre d'article pour expliquer que le salaire minimum est une première étape... mais que pour en bénéficier il faut un salaire => un emploi.... 

Tandis que le revenu de base inconditionnel est pour tous !