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À nouveau monde, nouveau financement

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Date: 
14.06.2016
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24h

L'invitéeLa conseillère nationale socialiste Ada Marra revient sur l'échec de l'initiative pour une revenu de base inconditionnel (RBI).
Il est salutaire parfois de lever le nez du guidon et de faire un peu de méta politique. Pas celle des petits pas, pas celle des gestionnaires. La campagne sur le RBI (revenu de base inconditionnel) a donné cette formidable occasion.

Si le rêve d’une autre société était présente par la transformation de la nôtre à travers un revenu inconditionnel (par exemple par la collectivisation des tâches ingrates et la fin des emplois peu valorisés et mal payés par quelques individus). Cela a aussi donné lieu à des propos que peu de monde entendait: les assurances sociales sont mises à mal par le mouvement dominant qui consiste à réduire toujours plus leur accès (prestations sous condition) en excluant toujours davantage de personnes qui en auraient besoin; le travail compris comme emploi est malmené pour une tranche de la société (conditions de travail et salaires) voir en récession (robotisation).

Le troisième élément qui est ressorti de ce débat est comment répartir au mieux les richesses. Selon les sources que l’on prend, en Suisse 2% de la population possède 80% de la richesse, ou 5% possède 67% de la richesse. On constate donc une inégalité crasse quelle que soit la source.

 

C’est le capital et les héritages qu’il faut toucher. Non plus le salaire ou le travail

 

Ces chiffres sont à aligner avec le phénomène suivant: pour chaque jour ouvrable d’avril 2013, les transactions portant sur des francs suisses étaient de 275 milliards de dollars dont 90 milliards de francs suisses ont été échangés contre des euros. Or, durant le mois d’avril 2013, seulement 0,24% du montant total des francs suisses échangés sur le marché des devises concernait les exportations de produits suisses. Le reste était tributaire des activités purement financières. De la spéculation.

Une chose est certaine: la Suisse aura besoin de nouvelles recettes d’autant plus sans revenu de base inconditionnel. La soupe populaire de Lausanne est passée en 5 ans de 120 repas servis par soir à plus de 300 repas par soir. La précarité augmente et les demandes aux services sociaux augmentent elle aussi comme nous le disait il y a peu Mauro Poggia, conseiller d’Etat genevois. Et il y a aura trois solutions pour y faire face. Soit on change le système (mais les projets économiques alternatifs ne sont pas légions et on vient de refuser le RBI), soit on réduit le nombre de prestations et on durcit les conditions d’accès à celles-ci (ce qui est déjà en cours mais ne résout rien) soit enfin on trouve de nouveaux financements.

C’est cette dernière voie qui me semble la plus juste. Et au vu de l’analyse qui précède, c’est le capital et les héritages qu’il faut toucher. Non plus le salaire ou le travail. Je pense que toute proposition sociale ou de société doit désormais tenir compte de cet élément dans son mécanisme financier.

 

Il a dit (24 heures)

(Créé: 14.06.2016, 16h37)

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Mathieu Despont
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