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Le revenu de base est-il définitivement enterré?

Français
Date: 
17.06.2016
Type source: 
Media: 
Le Temps

Le revenu de base est-il définitivement enterré?

L’économiste Sergio Rossi, professeur à l’Université de Fribourg, pense que le RBI renaîtra de ses cendres après son échec en votation. L’utopie a été clairement rejetée, objecte la conseillère nationale PDC valaisanne Géraldine Marchand-Balet: ce sont d’autres pistes qu’il faut explorer.

Les partisans du revenu de base inconditionnel (RBI) ont-ils une génération d’avance? Professeur ordinaire de macroéconomie et d’économie monétaire à l’Université de Fribourg, Sergio Rossi en est convaincu.

Pour lui, malgré l’échec sans appel, le 5 juin dernier, de l’initiative lancée par des milieux issus de la société civile, le RBI reste un modèle qui s’imposera à terme. Les mutations profondes dictées par la quatrième révolution industrielle remettront inévitablement en cause l’Etat social sous sa forme actuelle.

«Le vieillissement démographique et les difficultés d’accéder au marché du travail pour un nombre de plus en plus élevé de personnes, y compris beaucoup d’individus qui ont un diplôme académique de premier ou deuxième degré, rendront inéluctable durant les deux prochaines décennies le versement d’un RBI à tout résident permanent en Suisse», écrit-il dans une tribune rédigée pour Le Temps.

Lire son texte ici: «Le revenu de base va renaître de ses cendres»

En face, la conseillère nationale PDC valaisanne Géraldine Marchand-Balet, qui a combattu le RBI au sein du comité romand militant pour le non, croit au contraire que l’utopie promise par le revenu de base n’est pas la piste à suivre. Les questions posées par les mutations en cours – et notamment par la manière différente d’envisager le travail des jeunes générations – ne trouveront pas leur réponse dans le RBI, mais dans une adaptation des institutions actuelles de l’Etat social.

«Les réformes en cours ou à venir de l’AVS ou de l’AI, écrit-elle, sont des étapes qu’il s’agira de bien négocier pour maintenir et améliorer l’adéquation du filet social aux défis de notre époque. Le système actuel n’est donc pas si mauvais, nul besoin de tout chambouler avec le RBI.»

Dans cette réflexion, il faut aussi «poursuivre notre engagement permettant de concilier avec souplesse vie professionnelle et vie familiale», ce qui, rappelle-t-elle, est «un cheval de bataille du PDC».

Lire son texte ici: «L’utopie du RBI est enterrée, il faut réfléchir à d’autres pistes»

Personal info
Contributor: 
Anne Berguerand
Organisation, Media, etc: 
Le Temps