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Qu’est-ce qui pousse les femmes à fonder leur entreprise?

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Date: 
22.07.2014
Type source: 
Media: 
24 heures

Qu’est-ce qui pousse les femmes à fonder leur entreprise?

Par Julie Wynne. Mis à jour le 22.07.2014 

 

Les femmes sont toujours plus nombreuses à fonder leur entreprise. Un fait qui traduit leur besoin de travailler dans un univers qui permet d'allier carrière et vie de famille. Mais quel est le prix de cette indépendance?

 N’est-ce pas un double challenge que de se lancer à son compte au moment-même où l’on lance une famille?

N’est-ce pas un double challenge que de se lancer à son compte au moment-même où l’on lance une famille?

Il y a quelques semaines, un post paru dans le blog du Harvard Business Review titrait de manière provocante que ce n’était pas forcément une bonne nouvelle qu’il y ait de plus en plus de femmes qui lancent leur entreprise. Comment serait-ce possible? Pourtant, ne cherche-t-on plus d’égalité entre hommes et femmes dans le milieu professionnel?

Et oui, mais le fait que de plus en plus de femmes se mettent à leur compte n’est-ce pas aussi un signe que le monde des entreprises n’offre peut-être pas un univers de travail adéquat pour ces femmes.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à choisir la voie de l’indépendance et à créer des entreprises. Selon le Global Entrepreneurship Monitor (GEM), il y aurait plus de 126 millions de femmes lançant leur entreprise et plus de 98 millions sur le point de le faire. La Suisse est d’ailleurs le pays développé comptant le plus haut pourcentage de femmes entrepreneuses.

Défi personnel

Ainsi, les femmes ont fondé ou cofondé 49,12% des entreprises créées en 2013, selon l’étude GEM . En comparaison internationale, les auteurs de l’étude GEM 2013 notent que la Suisse fait partie des meilleurs élèves, le pourcentage de femmes impliquées dans la création d’une entreprise étant en nette hausse depuis dix ans. En 2003, la Suisse comptait une cheffe d’entreprise pour 2,3 chefs, alors que la proportion d’hommes et de femmes est aujourd’hui relativement égale.

D’après l’étude GEM, les femmes impliquées dans la création d’entreprises le font non pas par nécessité financière, mais plus pour relever un défi personnel. Une situation favorisée par le système économique suisse et ses conditions cadres attractives pour les entrepreneuses en herbe.

Si au niveau mondial, la part d’hommes actifs dans entrepreneuriat dépasse encore nettement la part de femmes, les auteurs du volet suisse de l’étude GEM 2013 soulignent que le pourcentage d’entrepreneuses en hausse contribue favorablement au développement économique du pays.

Les chiffres toutefois démontrent que s’il y a beaucoup de femmes entrepreneurs, peu d’entre elles n’arrivent à faire décoller leur entreprise qui souvent reste de petite taille avec peu d’employés .

Double pression

Qu’est-ce qui pousse les femmes à franchir le pas? Il ressort souvent que les grandes entreprises ont souvent des règles assez strictes de progression et d’horaires de travail qui ne permettent souvent pas aux femmes d’avoir une flexibilité de travail suffisante pour mener de front vie de mère et vie de femme d’affaires.

La vie d’indépendante, c’est un peu cette promesse de liberté et de gestion de son temps et de son agenda. Mais gagne-t-on toujours au change? Effectivement, on est maître de son temps mais ne devient-on pas son propre esclave? La machine doit tourner, les clients doivent être trouvés, tout repose sur les épaules de l’entrepreneur, à tout le moins au début de sa carrière.

Est-ce que la femme pourra vraiment rentrer plus tôt pour s’occuper de ces enfants, pourra-t-elle vraiment éviter voyages d’affaires et rendez-vous à l’extérieur? N’est-ce pas un double challenge que de se lancer à son compte au moment-même où l’on lance une famille, la pression n’est-elle pas doublement plus compliquée? 

Booster sa carrière n’est pas une sinécure. Julie Wynne en sait quelque chose. Cette avocate suisse et mexicaine, exerçant à Genève a choisi l’action. Présidente de la Women’s Business Society, créée en 2012, elle s’intéresse aux jeunes professionnelles dans les secteurs de la vie économique, juridique, politique et sociale. Elle participe également au programme de mentorat mis sur pied par l’université de Genève. Curieuse, engagée, sportive, Julie Wynne est également une passionnée de culture. Depuis 2010, elle est jeune déléguée d’Opera Europa, l’organisation des compagnies et festivals d’opéra professionnels en Europe..

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Contributor: 
Mathieu Despont
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