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Peut-on (encore) sauver le capitalisme?

Français
Date: 
12.09.2015
Type source: 
Media: 
tdg

Les taux d’intérêt négatifs sont la conséquence de la productivité du capital et le chômage le reflet de la productivité du travail. Le travail et le capital sont faiblement rémunérés car notre économie a besoin de moins en moins de travail et de capital pour livrer ses biens et assurer ses services. Le corollaire est que nous produisons bien plus que ce que nous pouvons consommer.

La stagnation de nos économies provient donc d’une demande anémique, condamnée à s’aggraver car les progrès conduiront la société et les entreprises à créer et à produire plus avec toujours moins de capitaux et de salariés. Un travailleur produit 350 tonnes d’acier en une heure aujourd’hui alors qu’il ne produisait qu’une seule tonne par année en 1925!

Pourtant, ces gains en productivité finiront par détruire l’économie car ils n’ont aucune retombée favorable sur la consommation. Il ne sert à rien de produire avec moins de travailleurs s’il y a moins de consommateurs qui peuvent se payer ces produits et services. Pour le moment, les capitalistes ont sauvegardé leur trésorerie des effets désastreux de la consommation déclinante grâce à des profits pharamineux engrangés par les envolées boursières. Pour autant, la stagnation économique exige de relancer l’économie réelle.

Le revenu minimum universel serait un des remèdes les plus aisés à mettre en place car il soulagerait l’immense masse des citoyens tout en confortant les entreprises. Il réduirait les inégalités et trouverait des débouchés pour la surproduction qui est le mal le plus flagrant de notre époque. Le capitalisme ne pourra pas indéfiniment faire son beurre grâce au tiroir-caisse de Bourses qui finiront bien par être infectées par le monde réel, celui de l’«armée de réserve des travailleurs» (Marx) qui doit toujours lutter pour subsister.

*Macro-économiste, directeur d’Art Trading Finance (TDG)

Par Michel Santi, 
Macro-économiste, directeur d’Art Trading Finance

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Contributor: 
Mathieu Despont
Organisation, Media, etc: 
tdg