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Les Suisses rejettent l'idée d'un revenu de base

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Date: 
05.06.2016
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24h

Votations du 5 juinIls ont été 76,9% à rejeter l'initiative populaire lancée par un comité de citoyens sans appartenance politique. Tous les cantons ont enterré le texte.

Le oui de communes à Genève et Zurich

 

A Zurich, les citoyens résidant dans les Kreis 4 et 5 ont plébiscité l'initiative populaire, avec 54,7% des bulletins. Ceux du Kreis 3 l'ont rejetée, mais le taux d'acceptation est bien plus élevé que la moyenne nationale, avec 44% de oui. 

A Genève, trois quartiers ont voté en faveur du RBI. Les citoyens des Pâquis l'ont accepté à 54,6% des voix, ceux de la Cluse-Roseraie à 51% et ceux de Prairie-Délice à 50,6%. 

Dans le canton du Jura, le revenu universel a aussi fait des adeptes: les citoyens de Courroux l'ont soutenu à 64,7% et ceux du Bémont à 66,7%. Dans le canton de Vaud, la petite commune de Sarzens a voté à 51,4% pour le RBI (18 oui contre 17 non). 

Les habitants de la ville de Berne se sont prononcés en faveur du revenu de base inconditionnel à plus de 40% des voix.

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L'idée d'un revenu de base versé à tous n'a pas du tout séduit les Suisses. La majorité des cantons a clairement rejeté dimanche cette initiative populaire lancée par un comité de citoyens sans appartenance politique. Le texte n'avait pu compter que sur quelques soutiens à gauche. Le peuple a refusé l'instauration d'un revenu de base par 76,9%

Retrouver ici notre couverture en direct du dépouillement des votations du 5 juin

L'initiative «Pour un revenu de base inconditionnel» voulait offrir à l'ensemble de la population la possibilité de mener une existence digne et de participer à la vie publique. La Confédération aurait été tenue d'instaurer un revenu de base versé sans contrepartie à tout le monde, dès la naissance. Les étrangers y auraient aussi eu droit, moyennant un délai de résidence à définir.

Compenser les emplois

Le montant de ce revenu n'était pas fixé dans le texte. Les initiants, dont l'ancien vice-chancelier de la Confédération Oswald Sigg, proposaient 2500 francs par mois pour adultes et 625 francs pour les moins de 18 ans.

 

Initiative Revenu de base - 5 juinSource: chiffres officielsOuiNon

 

Le projet devait compenser les emplois qui disparaîtront ces 20 prochaines années à cause du développement technologique. Selon l'Office fédéral des assurances sociales, un revenu de base pour tous aurait coûté 208 milliards en tout.

Valeurs suisses en danger

Seuls les Verts et quelques socialistes ont soutenu une initiative qui a plutôt embarrassé les syndicats. Le PS craignait que le revenu de base se transforme en dumping salarial généralisé. De l'avis du Conseil fédéral, l'idée était «généreuse mais utopique». Le comité interpartis a lui évoqué «une dangereuse expérimentation» qui mettait en jeu des valeurs suisses comme le travail et la responsabilité individuelle.

Des craintes partagées par 1,8 million de Suisses qui ont glissé un «non» dans l'urne. Seuls 568'900 citoyens ont dit «oui». Tous les cantons ont largement rejeté le texte.

L'opposition la plus forte est venue du demi-canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures, avec 87,4% de «non». Les moins hostiles ont été les Bâlois de la ville (64%), talonnés par les Jurassiens (64,2%). Suivent les cantons de Genève (65,3%), Neuchâtel (68,8%), Vaud (75,3%), Fribourg (75,9%), Berne (77,1%) et le Tessin (78,1%).

Lausanne n'a pas voulu du revenu de base à 67,7%, alors que ses autorités voulaient réfléchir à appliquer cette idée (voir encadré bsf065). Elle n'a d'ailleurs réussi à convaincre que quelques communes romandes: Le Bémont (JU) a dit «oui» par 66,7%, Courroux (JU) par 64,7%, Sarzens (VD) par 51,4%.

Réactions positives

«On est très contents», a déclaré dimanche à l'ats Ralph Kundig, coordinateur romand des initiants, rappelant que ces derniers sont partis «de très loin». Avant le soutien des Verts, ils n'ont longtemps bénéficié d'aucun appui de la part d'un parti politique. Et la dynamique est positive: «Nous savons que certains partis ont prévu des séances de travail sur le sujet», se réjouit-il.

Pour Sergio Rossi, professeur d'économie membre du comité de soutien au RIB, il faut voir le verre à moitié plein. «Une personne sur cinq a voté pour le revenu inconditionnel de base, il s'agit déjà d'un succès», considère-t-il.

L'important, au-delà du vote, est que les citoyens commencent à réfléchir à cette idée, «qu'il faudra tôt ou tard mettre en oeuvre». Il sera intéressant de connaître la proportion des jeunes ayant voté en faveur du RIB, dit Sergio Rossi, qui souligne qu'ils sont les premiers intéressés par le projet.

Les opposants contents de la «claque»

«C'est une sacrée claque», constate Yannick Buttet, membre du comité interpartis qui s'opposait au revenu de base inconditionnel (RBI), accepté par environ 22% des votants selon les projections de l'Institut gfs.bern. Au-dessous de 25%, la question ne se pose plus sous cette forme-là, estime le conseiller national (PDC/VS).

Les problématiques soulevées par l'initiative étaient légitimes, a dit Yannick Buttet à l'ats, mais la solution n'était pas réaliste. Le revenu de base est maintenant enterré. Cette «bonne nouvelle» n'empêchera cependant pas de réfléchir à l'avenir de l'emploi en Suisse.

Questions importantes floues

Pour Susanne Leutenegger Oberholzer, également membre du comité interpartis, ce rejet clair montre que la population ne veut pas se lancer dans une expérience avec les assurances sociales. Selon la conseillère nationale (PS/BL), les questions importantes étaient restées floues: le financement, le montant du RBI et la problématique des assurances sociales existantes.

«Je suis convaincue qu'avec une préparation sérieuse, l'initiative aurait pu ouvrir une plus large discusssion et aurait été plus largement soutenue», a déclaré Mme Leutenegger Oberholzer à l'ats. Elle se dit très contente du résultat final. Toutefois, la discussion se poursuit, selon elle.

Le conseiller national Marcel Dobler (PLR/SG) se réjouit aussi du verdict. «La plupart des citoyens ne sont pas prêts à une expérimentation aussi radicale», relève le membre du comité interpartis, soulignant qu'un cinquième de «oui» est une très faible proportion. Cette idée est enterrée, d'après lui. (ats/nxp)

(Créé: 05.06.2016, 12h37)

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